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mercredi 20 mai 2009

Réponses à quelques questions fréquemment posées.

Cet article pourra faire l'objet de suppléments régulièrement.

Dans l'article Petit cours d'endocrinologie, vous trouvez le fonctionnement général des pathologies thyroïdiennes mais comme je l'ai précisé aussi, il existe des variantes. Ici nous allons rapidement voir ces variantes comment elles s'observent, à quoi elles correspondent et comment les traiter.
Mais à chaque fois nous verrons aussi pourquoi il est utile de faire analyser : TSH, T3L, T4L ainsi que les anticorps et les 3 soit : antithyropéroxydase dit anti TPO, antithyroglobuline dit anti TG et antirécepteurs de la TSH dit anti TRAK.

Nous les verrons comme suit :
  1. problème de conversion.
  2. problème hypophyse associé au problème d'anticorps bloquants non stimulants.
  3. Hashimoto et l'iode.
  4. la grossesse.
  5. les anticorps anti-thyroglobuline et antithyropéroxydase.
Pour rappel :
Hypothyroïdie = TSH élevée, hormones basses.  
Hyperthyroïdie = TSH basse, hormones élevées.

1° cas : TSH normale, T4 élevée, T3 basses.
Il s'agit d'un problème de conversion. Le foie (la plupart du temps) ne convertit pas suffisamment les hormones T4 en T3, ce qui implique que les T4 restent élevées, car pas utilisées, alors que les T3 elles sont basses.
Cela implique que malgré la TSH correctes et les T4 élevées, le manque de T3 donne une hypothyroïdie.
Mais les T4 étant elles aussi élevées, cela peut entraîner quelques symptômes d'hyperthyroïdie, ce qui peut alors laisser très perplexe.
L'intérêt d'analyser les hormones T3 est donc plus qu'important.

MAIS l'inverse est possible soit TSH normale, T4 basses, T3 élevées.
Ici le problème est que le foie convertit trop de T4 en T3. Ce qui implique une hyperthyroïdie.

Conclusion : si les hormones sont l'une ou l'autre fortement élevées cela donne une indication d'hyper ou d'hypo mais ce sont donc les T3 qui indique la tendance. Trop de T3 = hyper. Trop peu de T3 = hypo.
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2° cas : TSH basse + hormones basses ou TSH élevée + hormones élevées.
Nous allons voir ici rapidement qu'une TSH basse ne donne pas forcément une hyperthyroïdie et qu'une TSH haute ne donne pas forcément une hypothyroïdie. Ici seule façon de savoir si il y a hypo ou hyper c'est de regarder les hormones uniquement. Ce sont elles qui l'indiquent.
Donc : une TSH basse + hormones basses = hypoothyroïdie. Une TSH élevée + hormones élevées = hyperthyroïdie.

Deux raisons à cela :
  • hypophyse/hypothalamus ont un problème
  • anticorps antirécepteurs de la TSH positifis mais hors maladie de Basedow
A) L'hypophyse/hypothalamus peuvent être les responsables.
Fonctionnement : l'hypothalamus calcul les besoins de l'organisme, produit la TRH pour donner ses ordres à l'hypophyse qui elle produit la TSH pour donner ses ordres à la thyroïde.
L'un ou l'autre se trompe (ou les deux mais plus rare) et les résultats sanguins pour la thyroïde sont alors du type précisé dans le titre de cette partie.

Pour traiter ce problème, il faut en priorité contrôler le bon fonctionnement de l'hypophyse/hypothalamus en faisant par exemple d'autres analyses d'éléments qu'ils contrôlent. Soit :
Surrénales : ACTH + cortisol
Hormones sexuelles : FSH, LH, prolactine
Si ces examens montrent des anomalies alors, il sera nécessaire de faire une IRM cérébrale.

Pour traiter ce dysfonctionnement thyroïdien, il faut donc d'abord savoir ce qui perturbe l'hypophyse/hypothalamus et c'est eux qui sont traités en priorité. Leur traitement permettra normalement un retour à la normale de leur fonctionnement et ils donneront à nouveaux les bons ordres à la thyroïde.
Si le traitement pour eux n'est pas possible ou ne peut pas faire rentrer les choses dans l'ordre en totalité, on traitera alors aussi la thyroïde en fonction du problème présent.
Remarque : le temps que le traitement pour l'hypophyse/hypothalamus soit donné, on peut aussi cela dit tenter de réduire le trouble thyroïdien en prescrivant un traitement léger qui sera alors ensuite diminué puis arrêté.

B) Les anticorps bloquant non stimulants.
Il faut faire analyser les anticorps antithyroïdiens afin de voir si il n'y aurait pas des anticorps antirécepteurs de la TSH "bloquants non stimulants". Ce ne sont pas ceux de la maladie de Basedow. Ils portent le même nom mais n'agissent pas tout à fait comme ceux-là.
Ceux de Basedow bloquent la TSH mais stimulent la thyroïde qui se met alors à produire de plus en plus d'hormones.
En revanche, on peut donc rencontrer aussi des "bloquants non stimulants".
Ils bloquent la TSH = celle-ci est basse, mais ils ne stimulent pas la thyroïde, qui de ce fait produit de moins en moins de T4 ce qui implique que petit à petit on aura aussi beaucoup moins de T3. Donc en fait on a une TSH basse mais avec un manque d'hormones = hypothyroïdie.

Dans ce cas précis le traitement est alors un traitement hormonal substitutif prescrit pour l'hypothyroïdie soit par exemple le Levothyrox pour le plus habituel.
SURTOUT PAS DE TRAITEMENT FREINATEUR type Néo-mercazole, qui ne ferait alors qu'aggraver l'hypothyroïdie.

REMARQUE GÉNÉRALE : la TSH ne sera alors pas prise en compte lors des prises de sang dans le cas A et dans le cas B, puisque son résultat est faussé par ces situations. Mais elle peut toujours être analysée afin de voir si l'hypophyse/hypothalamus ou les anticorps évoluent. Si la TSH commence à remonter, c'est qu'il existe une amélioration probable.
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3° cas : Hashimoto et l'iode.
L'iode est le carburant de la thyroïde.
Alors pourquoi dit-on qu'avec Hashimoto l'iode peut être un problème plus qu'un avantage ? Pourquoi mieux vaut-il l'éviter ?

Tout simplement parce que normalement si il y a trop d'iode dans le sang, la thyroïde va produire plus de péroxydase qui va allez capter les iodures du sang. Et plus d'iode = gros risques d'hyperthyroïdie.
Mais les anticorps anti TPO veillent.
En effet ils se chargent dans ce cas de détruire un peu de péroxydase ce qui permet de réguler le taux d'iode dans la thyroïde et donc éviter l'hyperthyroïdie. Les anticorps parfois même augmentent un peu plus que la normale histoire d'être plus efficace plus rapidement ou en fonction de la péroxydase présente.
L'organisme sait très bien réguler lui-même ses besoins et se protéger. Mais ça c'est donc quand tout fonctionne correctement.

Mais Hashimoto c'est une augmentation très importante de ces mêmes anticorps qui détruisent alors sans raison la péroxydase et donc la thyroïde n'est plus alimentée en iode, ce qui entraîne que de plus en plus de zones ne peuvent plus fournir les hormones demandées =  l'hypothyroïdie.

Si donc on prend de l'iode en complément, ou qu'en on en a de trop par l'alimentation (en mangeant par exemple des fruits de mer ou autres crustacés, on simplement le fait dans certains cas de passer une journée en bordure de mer), et se retrouver avec une augmentation de la péroxydase ou même tout simplement de l'augmentation directe des anticorps, qui se mettent alors à détruire la péroxydase et ce même si celle-ci n'est pas en excès. Bilan : l'iode = augmentation des anticorps = aggravation de la maladie = aggravation de l'hypothyroïdie.

Remarque : cela ne veut pas dire qu'il ne faut plus manger de produits de la mer du tout ou ne plus aller à la mer.
Mais il faut le savoir et ainsi vous pouvez vous protéger en n'exagérant pas pour manger ces produits.
Et quant à aller à la mer penser par exemple à diminuer d'un 1/4 ou au plus d'1/2 cp pendant quelques jours avant le séjour. Cela dit le mieux est tout de même de faire d'abord un essai sans rien changer et savoir ainsi si vous faites partie ou pas des personnes Hashimoto qui ne rencontrent pas ce problème.
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4° cas : la grossesse.
La grossesse doit faire surveiller la thyroïde.
Parce que le foetus a besoin des hormones thyroïdiennes de maman, pour pouvoir se développer.

Ce qui implique que pendant les premiers mois surtout maman se retrouve très fatiguée en priorité.
La grossesse entraîne que la thyroïde de maman doit travailler pour deux et pour cela, elle se met très souvent à enfler. Elle peut ainsi augmenter de 30 % de son volume habituel. C'est donc un phénomène tout à fait normal et n'est en aucun cas, le signe d'une pathologie thyroïdienne définitive. Cela peut le devenir mais c'est dans quelques cas uniquement.
La thyroïde peut aussi se mettre à produire quelques nodules. Tout rentrera dans l'ordre en général après l'accouchement ou dans les mois qui suivent. Cela peut durer jusqu'à deux ans avant un retour complet à la normale.

Donc maman qui manque d'hormones en début de grossesse c'est tout à fait normal.
Mais c'est maman qui généralement en manque. Bébé lui étant servit le premier.
Cela dit, si les taux des hormones de maman descendent de trop, bébé pourrait venir à en manquer. Donc il est conseiller alors de faire une surveillance mensuelle de la TSH ET des hormones afin de pouvoir mettre en place très vite un traitement si nécessaire.

Remarque : il est très important de faire analyser la TSH et les hormones car avec une grossesse l'hypophyse/l'hypothalamus peuvent être perturber par les hormones de la grossesse et donc il se peut que les bons ordres ne soient plus donnés. D'où importance de se fier surtout alors aux taux des hormones.

Il y a parfois en revanche l'effet inverse. La future maman a un trop d'hormone.
Cela peut venir donc du problème justement que l'hypophyse/l'hypothalamus soient perturbés par les hormones de la grossesse ou pallient à l'avance aux besoins éventuellement augmentés d'hormones. Généralement, l'hyperthyroïdie régresse naturellement.
Cela dit il est tout de même nécessaire dans ce cas, de faire analyser les anticorps et surtout les antirécepteurs de la TSH qui peuvent alors eux mettre en avant une maladie de Basedow.

Les anticorps anti TPO et/ou anti TG peuvent être "normalement" augmentés pendant la grossesse sans aucune signification pour autant de pathologie thyroïdienne.

Pour plus de détails sur l'hypothyroïdie et/ou Hashimoto ainsi que l'hyperthyroïdie et/ou maladie de Basedow, avec la grossesse, voir l'article : La grossesse et la thyroïde.
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5° cas : les anticorps anti-thyroglobuline et antithyropéroxydase.

Les anticorps antithyroglobuline peuvent être responsables d'une hypothyroïdie importante car, la thyroglobuline est absolument nécessaire pour que la thyroïde puisse produire les hormones.
Les anticorps du même nom, détruisent la thyroglobuline = moins ou pas d'hormones produites = hypothyroïdie.

Les antithyropéroxydase eux détruisent la thyropéroxydase qui est chargée d'aller capter les iodures du sang.
Ces anticorps signent la maladie d'Hashimoto si leur taux est très élevé et si ils sont associés à des antithyrglobuline élevés eux aussi.
Ils sont responsables de la maladie d'Hashimoto mais pas uniquement car ces anticorps permettent aussi de réguler le taux d'iode dans la thyroïde. Voir 3° cas : Hashimoto et iode.
En détruisant la thyropéroxydase, ils empèchent ainsi certaines zones de la thyroïde de pouvoir travailler. C'est pourquoi on dit que les anticorps antithyropéroxydase détruisent la thyroïde. En fait ils empèchent des zones de pouvoir travailler en les privant de leur carburant principal : l'iode.
La destruction ainsi de la thyroïde est irréversible. D'où la maladie d'Hashimoto est incurable car on ne peut pas stopper le processus et on ne peut pas réparer les zones touchées.

Avec les antithyroglobuline, le problème est différent. Car ici on a alors ce qu'on appelle une hypothyroïdie auto-immune mais ce n'est donc pas forcément une maladie d'Hashimoto.
Si ces anticorps diminuent ou arrêtent de détruire la thyroglobuline, la thyroïde peut à nouveau produire des hormones. Ici on a un processus réversible.
Ce qui implique que si un moment on a besoin d'un traitement de substitution le traitement n'est pas pour autant définitif = il pourrait être diminué mais il pourrait aussi être arrêté complètement.
Mais même si c'est le cas, l'hypothyroïdie pourra revenir puisque autio-immune veut dire incurable. Les anticorps font ce qu'ils veulent et on ne peut pas agir sur eux. Du moins dans ces cas-ci et surtout cela ces pathologies ne nécessitent pas de s'y risquer. Mais c'est un autre sujet.

Petite précision : antithyropéroxydase et antithyroglobuline ne prennent pas de S. Ce n'est pas une faute, mais tout simplement parce que ce sont les anticorps qui sont au pluriel et pas la thyroglobuline ou la thyropéroxydase qui elles sont toujours singulier.
Les anticorps sont anti donc contre la thyroglobuline ou la thyropéroxydase d'où ces deux mots ne prennent pas le pluriel.

Ce que tout bon médecin devrait se rappeler !

Pourquoi ce blog ?

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Valenciennes, Nord, France
Je suis atteinte de la maladie d'Hashimoto et d'un syndrome de Gougerot-Sjögren secondaire. Je me suis intéressée de très près à la thyroïde et me suis rendue compte que beaucoup de personnes malades également ne savaient rien sur cette petite glande. D'où l'idée de créer un blog qui l'explique simplement. Depuis mars 2011, un forum est associé au blog afin de mieux aider les internautes.

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